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OUEST-FRANCE
 
 


Nico : « C'est acquis, je repars en janvier »


Nicolas Ouédec s'offre des vacances nantaises après son exil chinois. Pour sa première saison en Asie, Nicolas Ouédec, auteur de dix buts, a décroché le titre de champion de Chine avec son club du Dalian Shide. A 31 ans, l'ancien Canari a tout bonnement redécouvert le plaisir après des détours par l'Espanyol de Barcelone, Paris, Montpellier et La Louvière. Avant de repartir dans l'Empire du milieu, Nicolas Ouédec profite de vacances bien méritées, entre Lorient où réside sa famille et Sautron où ses enfants jouent au foot.

Que ramenez-vous dans vos bagages de ce voyage en Chine ?
Dix mois de pur bonheur que je ne suis pas prêt d'oublier. J'ai évolué dans une petite bulle à Dalian. J'avais envie de couper avec le style européen sans savoir pour autant où je mettais les pieds. Mais je me suis vite rendu compte que j'avais choisi le bon endroit pour oublier les galères passées et repartir dans un club sain et sans problème, avec une motivation intacte.

Que signifie galères et bien être pour un footballeur ?
La galère, c'est tout bonnement de ne pas jouer. J'ai effectué de mauvais choix dans ma carrière, mangé mon pain noir, dûs entre autre à des problèmes internes aux clubs où je suis passé. Je ne souhaite plus trop en parler. C'est fini. Aujourd'hui, je prends du plaisir avec mes partenaires, les supporters, celui de marquer des buts en ce qui me concerne, car c'est mon rôle.

Partir en Chine, c'était comme jouer à la roulette russe ?
Je n'étais pas très loin de la Russie... Beaucoup se sont dit : dans six mois, il va rentrer. Je ne voyais pas les choses de cette façon, mais çà, je le gardais pour moi. Je n'allais pas écrire sur les murs que je voulais réussir dans le football chinois. Forcément que non. Cela ne regardait que moi, ma vie et mon envie. Je réagis toujours au feeling, selon les sensations du moment. J'ai atterri en Chine car je le voulais bien, sans écouter les dires des uns et des autres.

Quelles sont les difficultés auxquelles est confronté un Européen ?
Au niveau de la bouffe, cela n'a rien d'évident. Nous avions toutefois la chance d'avoir un cuisto qui nous préparait une cuisine européenne. J'ai bien sûr testé quelques restaurants chinois où l'on vous sert des plats à base de poisson cru. Là, je dois l'admettre, j'avais quelques difficultés... Vous êtes également déroutés par ces villes énormes, sans cesse en ébullition, qui grouillent de monde, à toute heure, de jour comme de nuit. Pour quelqu'un qui apprécie le calme, il faut savoir s'y retrouver rapidement, se donner des temps de repos et de solitude.

Vous viviez à l'hôtel ?
Les dirigeants de Dalian m'avaient proposé un appartement au sein d'un complexe réservé aux étrangers où vivent déjà les quatre autres étrangers, mais je me voyais mal me préparer chaque soir mes repas ou laver mon linge. J'ai opté pour la solution de facilité, afin de me consacrer exclusivement au football.

Etes vous resté en contact avec le football français ?
Tous les lundis soirs sur TV5, ils retransmettent un match du championnat de Ligue 1, de même les chaînes chinoises montrent les buts des meilleurs championnats européens. Mis à part Lyon, toutes les grosses cylindrées font preuve de beaucoup d'irrégularité. Depuis deux ou trois ans, ce championnat semble éprouver des difficultés à trouver sa voie. Il me paraît moins élevé que par le passé.

Vous n'êtes pas tenté par un retour en France ?
Non. Les clubs français peuvent toujours se manifester, mais je suis nullement impatient. De toute façon, les propositions ne vont pas affluer. Mon portable chinois sonne davantage... C'est acquis, je repars là-bas en janvier prochain. Les dirigeants de Dalian Shide ont pris le risque de ne pas renégocier mon contrat avant que je parte en vacances, il se pourrait donc que j'évolue sous d'autres cieux à la rentrée.

Que vaudraient justement ces équipes chinoises au sein de notre championnat ?
Les cinq ou six équipes qui se détachent du lot auraient leur place parmi l'élite. Elles se situeraient dans la deuxième moitié du classement. Les autres évolueraient en L2 ou, pour les moins bonnes, en National. Les équipes chinoises, qui peuvent s'appuyer sur de puissants groupes financiers, ont déjà le regard tourné vers le super championnat asiatique. Il réunira à partir de 2003- 2004, la Chine, le Japon et la Corée, ce fameux championnat que l'Europe ne parvient pas à mettre en place...

Au fait, on vous appelle comment en Chine ?
Ils me connaissent par mon prénom : « Nicolasss », avec le S bien accentué.

Propos recueillis par Christophe Delacroix

 

 
 

 

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