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28 octobre 1998

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19 septembre 2003
 
 


Nico OUEDEC : "Gagner la Coupe de Chine"


Nico, ton arrivée à Shandong Luneng a été plus compliquée que prévue. Quels souvenirs gardes-tu de ces six mois sans jouer ?
Les six premiers mois de l'année ont été difficiles à vivre. Je ne m'attendais pas du tout à supporter ce type de traitement de la part de la Fédération chinoise. A mon arrivée à Shandong Luneng en janvier, j'étais bien décidé à rééditer la même saison qu'avec Dalian. Pendant deux mois, je suis parti en stage avec ma nouvelle équipe. Ce n'est qu'à une semaine du début de championnat que la sanction est tombée. Quatre mois de suspension nette. Le coup a été très dur à encaisser d'autant plus qu'il résultait d'une énorme injustice. La raison est simple : Dalian ne supportait pas mon départ à Shandong. A ce moment, en accord avec mon club, je suis rentré en France pour préparer ma défense. J'ai donc pris contact avec mon avocat et l'UNFP afin de faire valoir mes droits. La FIFA a été saisie rapidement du dossier et a ordonné aux Chinois de lever la sanction. La Fédé chinoise a fait la sourde oreille et à aucun moment n'a suivi les recommandations de la FIFA.

Qu'as-tu fait à partir de là ?
J'ai pris mon mal en patience en m'entraînant tout seul pour garder la forme. Il m'a fallu bien du courage pour ne rien lâcher. J'avoue que par moment l'envie de rentrer définitivement en France m'a traversé l'esprit mais je ne voulais pas donner raison à cette fichue Fédé chinoise. Et l'amour du foot, plus fort encore, m'a permis de tenir.

Ta suspension a coïncidé avec l'arrivée de l'épidémie du SRAS en Chine.
Cette terrible épidémie est arrivée effectivement. Courant du mois de mars, à peine le championnat commencé, elle a frappé la Chine. Pour une fois, la fédération chinoise a pris une bonne résolution en stoppant immédiatement toute compétition sportive. Quelle bonne nouvelle me concernant, je n'allais ainsi pas rater un trop grand nombre de matchs. Le destin peut être tragique ou bénéfique. Pendant quatre mois, je me suis efforcé d'être le plus professionnel possible afin d'être prêt le jour de la fin de la suspension qui prenait effet le 27 juin. C'est ainsi que le 27 juin, en ayant manqué en tout et pour tout six matchs, la fédération m'octroyait enfin ma licence de joueur pour cette nouvelle saison.

Tu reviens en juillet dernier, l'entraîneur te fais immédiatement confiance. Bilan : 8 matchs de championnat et 3 buts.
Avoir participé à toute la préparation d'avant-saison m'avait permis d'avoir de bons automatismes avec mes nouveaux coéquipiers. Le nombre de matchs amicaux et tous les entraînements pendant ces deux mois nous permettaient de nous roder et d'être prêt pour le premier match officiel. Après l'annonce de la sanction, tous ces automatismes tombaient à l'eau provisoirement. Lors de mon retour début juillet contre Pékin, j'étais vraiment impatient de me retrouver sur la pelouse avec mes partenaires et de sentir une nouvelle fois la pression d'un match officiel. Le coach, en raison de mon absence prolongée, m'a fait débuter sur le banc en m'assurant d'une entrée en cours de match.

Racontes nous ce retour.
Lors de mon arrivée sur le terrain pour l'échauffement d'avant-match, j'ai été agréablement surpris et doublement motivé. En raison de ma signature à Shandong et de la surmédiatisation de ma suspension, ma cote auprès des supporters de Shandong était à son comble. Les Chinois sont communicatifs, du moins dans les stades de foot. C'est ainsi que pendant de longues minutes mon prénom fut scandé. J'avoue que cela fait très chaud au cœur et que ces quatre mois de galère ont été balayés d'un seul coup. Ce jour là, je suis rentré en deuxième mi-temps et le score fut de 0-0.

Parles nous des matchs qui ont suivi.
Les matchs défilaient pratiquement tous les trois jours pendant un mois et demi. Pour mon deuxième match contre Xi'an, j'égalise à 3-3 à deux minutes de la fin et permet donc à l'équipe de rapporter un point de ce déplacement. Un match qu'on aurait du gagner après avoir mené 2-0. Les problèmes de concentration pendant 90 minutes sont évidents dans notre équipe. On mène souvent au score et l'on se fait rejoindre toujours sur des fautes d'inattention. Match après match, je retrouve peu à peu toutes mes qualités et surtout le rythme des matchs officiels. Mon match référence est celui contre Shanghai Shenhua. On gagne 2-0 et je réalise le doublé contre une excellente équipe en tête avant cette journée de championnat.

Shandong Luneng est onzième à mi-championnat, à dix points du leader Dalian Shide. Quelles sont les ambitions du club désormais ?
Les ambitions du club restent les mêmes. Nous sommes actuellement onzièmes et l'objectif est de se qualifier en vue de la prochaine Super League Chinoise. Seules les onze premières équipes feront parties de ce super championnat. C'est vrai qu'au niveau classement, on est mal mais le nombre de points reste très serré entre le quatrième et nous. De nature optimiste, je doute fort que nous restions à notre place très longtemps. On devrait recoller rapidement vers le haut du classement. En coupe de Chine, il y a un bon coup à jouer également. Le 27 septembre, nous jouons les quart de finales contre Chongqing, une équipe largement à notre portée. A nous d'être vigilant et de ne pas commettre des fautes de concentration. Les matchs de coupe réservent toujours des surprises pour les équipes partant favoris sur le papier. C'est en tous cas un des objectifs du club cette coupe.

Interview exclusive site officiel de Nicolas Ouédec

 

 
 

 

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