Site créé le
28 octobre 1998

(version 4.0)

>MESSAGE DU WEBMASTER

Merci Nico !
10 mai 2005

Certains découvrent, aiment et rêvent de foot en voyant jouer Zidane, Ronaldo, Beckham ou Henry. Si Platini et Cantona m'ont donné goût au football, Nicolas Ouédec a été le premier joueur du FC Nantes, club de mon coeur, a retenir mon attention. Fan de la première heure de Nico, j'ai voulu partager cette passion en créant le Fan-Club Nicolas Ouédec en novembre 1994, puis son site officiel en octobre 1998. J'ai tout mis en oeuvre pour que Nicolas ressente le soutien de ses supporters jusqu'au terme de sa carrière. Et j'ai tenu promesse.

Joueur de grand talent aux valeurs incomprises par certains, homme à la personnalité exemplaire, sa carrière et son palmarès ont fière allure. Et je suis fier de lui. Merci Nico.

Webmaster du site officiel de Nicolas Ouédec

 

>INTERVIEW EXCLUSIVE

Nicolas Ouédec : " La fin d'une belle aventure "
10 mai 2005

A 33 ans, Nico a décidé de mettre un terme à sa carrière. Il explique les raisons de son choix, évoque son avenir et n'oublie pas ses supporters.

 

 

Nicolas, cela fait cinq mois que tu es rentré de Chine, que vas-tu faire désormais ?
J'ai décidé de mettre un terme à ma carrière de footballeur. C'est la fin d'une belle aventure de 17 ans de carrière qui a pris fin en Chine. J'ai pris le temps de la réflexion, depuis quatre mois. Le fait d'être resté longtemps loin de mes proches, loin de ma famille a pesé dans ma décision. Je n'ai pas voulu repartir en Chine où j'ai l'impression d'avoir fait le tour de la question en remportant tous les titres nationaux majeurs.

Est-ce que tu as eu des offres ?
Oui, beaucoup de destinations " exotiques " aussi bien de clubs chinois qu'en Bulgarie, à Chypre, aux Emirats et même au Japon. Mais également en France avec quelques clubs de Ligue 2. Mais je n'avais plus l'envie suffisante pour repartir une année supplémentaire, ni en France, ni à l'étranger. Je suis content de pouvoir décider du moment d'arrêter sans que ce soit une blessure ou je ne sais quoi qui m'y oblige.

Pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour prendre ta décision ?
Parce que ce n'était pas évident. Ce n'est pas une décision à prendre à la légère. Il faut le temps de la réflexion, il faut le temps de se concerter avec ses proches. Et j'ai voulu voir si le foot me manquait. Je ne voulais pas avoir de regrets.

Quelle genre d'offre aurait pu te convaincre de continuer encore une saison ?
Je me suis posé plusieurs fois cette question. L'aspect financier ne rentrait pas en ligne de compte. J'ai toujours privilégié des clubs qui me laissaient penser que je pouvais bien fonctionner. Depuis mon retour en France, j'ai apprécié d'avoir, pour la première fois depuis longtemps, autant de temps à consacrer pour moi et mes proches. Et au fil des semaines qui se sont écoulées, ma décision est devenue évidente. Rien ne pouvait plus la changer.

Quelle est la principale raison de cette décision finalement ?
C'est un choix personnel. L'envie de me lancer sur de nouveaux projets. Mais c'est surtout familial. Le fait que mes deux enfants vivent à Nantes et que je les vois très peu a influencé ma décision. C'est très bien de voyager et d'aller à la découverte de nouvelles cultures, j'ai toujours adoré ça. Mais mes enfants arrivent en pré-adolescence et ils ont besoin de leur père. Et je veux être présent pour eux.

" A Paris, il y avait trop de parasites "

Quels sont les grands souvenirs qui s'imposent dans ces 17 ans de carrière ?
J'en ai tellement. Tous les titres que j'ai gagné, celui de champion de France avec Nantes en 1995. Il n'y a pas un jour sans que l'on me rappelle ce titre et le bonheur qu'il a apporté aux gens. Dans la même lignée, le titre de champion de Chine en 2002 avec Dalian Shide. Ca a été exceptionnel. Je sortais d'une période sportive délicate et cette première année en Chine m'a redonné le plaisir de jouer. Le dernier match contre Pékin devant 80 000 personnes, je n'avais jamais connu ça avant. De voir des drapeaux français dans les tribunes, c'était une immense fierté.

Et des joies plus personnelles aussi.
Oui, le titre de meilleur buteur de D1 en 1994. J'étais très jeune à l'époque et ça ma lancé dans ma carrière. Ca m'a persuadé que j'étais sur le bon chemin et ça m'a conforté dans mes qualités. Un titre de meilleur buteur de D1 à 22 ans, ce n'est pas courant. Il n'y a que Djibril Cissé qui y est parvenu depuis je crois.

Et les plus mauvais souvenirs ?
La défaite en finale de la Coupe de France en 1993 avec Nantes contre le PSG. Grosse tristesse collective parce qu'on y croyait et on est totalement passé au travers de cette finale. J'aurai vraiment aimé gagner cette Coupe de France, c'est un des titres qui me manque et qui m'aurait vraiment fait plaisir. Et il y a des choix de club que l'on ne peut pas appréhender au moment de la signature. Ma signature à Montpellier a été précipitée et à l'époque, ce club était un panier de crabes. J'espère pour eux qu'ils remonteront en L1 rapidement. Mais c'est un club où il est difficile de s'imposer si tu n'adhères pas à leur mentalité. Ca été une erreur d'aller là-bas.

Des regrets dans les choix de club à part Montpellier ?
Non aucun. On ne peut pas prévoir ce qu'il va se passer quand on arrive dans un club. Il y a tellement d'impondérables. Les changements d'entraîneur comme avec Giresse à Paris au bout de trois mois, on ne pouvait pas le prévoir. Que Marco Simone fasse le maximum pour monter tout le monde contre les Nantais de l'époque, ça m'a marqué parce que je n'avais pas l'habitude de ces méthodes. A Nantes comme à l'Espanyol, c'était le respect du club, l'amour du maillot, le respect des joueurs comme des supporters. A Paris, il y avait trop de parasites.

Et l'équipe de France ?
C'est passé trop rapidement. J'ai loupé les moments majeurs. Ce tir sur la barre contre la Roumanie à Saint-Etienne, c'est un gros regret. J'ai surtout eu cette malchance d'avoir été blessé l'année de l'Euro en 1996, un mois avant la phase finale, en demi-finale de Ligue des Champions avec Nantes contre la Juve. L'équipe de France s'est construite mais sans moi. Je n'ai pas su m'imposer et élever mon niveau. Mais j'ai connu des joies ailleurs.

" Consultant à la télé ? Pourquoi pas "

Quelles sont les personnes qui ont le plus compté dans ta carrière ?
Dans tous les clubs où je suis passé, il y a eu des gens qui m'ont marqué. Chaque entraîneur m'a apporté quelque chose. Guelzo Zaetta a su me convaincre de venir à Nantes. C'est le détonateur de toute ma carrière. Après, il y a tous les formateurs à Nantes et notamment Raynald Denoueix. Mon premier entraîneur qui m'a lancé en pro, Miroslav Blazevic. Ses méthodes particulières n'ont pas fonctionné à Nantes mais c'est lui qui m'a donné ma première chance en D1. Puis il y a eu la période Suaudeau qui m'a apporté le complément parfait de ma formation : le plaisir de jouer, de jouer juste et de partager. Camacho à l'Espanyol, Kosanovic à Dalian et Tumbakovic à Shandong ont tous été des moteurs, des meneurs d'homme. Ils m'ont poussé à me surpasser.

Et les joueurs ?
Mon modèle était Marco Van Basten que je n'ai jamais rencontré et que j'aurai aimé rencontrer. Il a été l'inspirateur de mon jeu. J'ai eu la chance de côtoyer Philippe Anziani à Nantes. J'étais très jeune et je me suis beaucoup inspiré de lui. Dans les contrôles de balle, la lecture du jeu et les reprises de volée, j'ai rarement rencontré un joueur aussi habile que lui. Puis par la suite, la génération nantaise de 1992 à 1996 où ça a été un régal de jouer pendant plusieurs années. Mon entente avec Patrice Loko a été un accomplissement. On s'entendait les yeux fermés. Et j'ai retrouvé cette complicité avec Juan Esnaider à l'Espanyol et avec Zoran Jankovic à Dalian. Avec ces deux derniers, même si on ne parlait pas la même langue, sur le terrain, on se comprenait instinctivement. Et je citerai Adilson, joueur brésilien d'un professionnalisme exemplaire que j'ai connu à Dalian.

Parlons de l'avenir, que vas-tu faire désormais ?
Passer un maximum de temps avec mes enfants. J'apprécie d'être libre et serein. Et au niveau professionnel, j'espère rester dans le football et je suis ouvert à toutes propositions. J'aimerai intégrer un staff technique, pas en tant qu'entraîneur mais plus dans la détection, le recrutement. J'ai déjà quelques touches.

Et rejouer à un niveau amateur pour le plaisir.
Pourquoi pas. Ca pourrait se faire et j'ai déjà quelques sollicitations de ce genre. Et ce sera avec plaisir que j'accepterai. Je m'entretiens toujours physiquement donc tout va bien (rires). J'ai répondu favorablement à l'invitation de l'UNFP et de Luc Sonor pour jouer avec les anciens internationaux.

Et justement Luc Sonor s'est lancé dans une carrière de consultant à la télé. Est-ce que cela te tente aussi ?
J'aimerai bien, c'est vrai. Ca pourrait me plaire. J'aime bien tout ce qui se fait autour de la télé, le contact avec les gens et le football bien sûr. Donc oui, pourquoi pas, ce serait avec un vrai plaisir.

Un dernier mot pour finir ?
Je voulais remercier chaleureusement tous les supporters, tous les fans qui m'ont soutenu tout au long de ma carrière. Il y en a eu énormément et il y en a encore beaucoup. Je reçois beaucoup de témoignage d'affection, d'encouragement via mon site. Je reçois beaucoup de mails de France, d'Espagne, de Belgique et de Chine et je voulais remercier tous ces gens qui m'ont apporté tout ce soutien et cette chaleur, surtout dans les moments difficiles. Ce n'était pas évident de se retrouver tout seul en Chine pendant trois ans et c'était un réel plaisir de découvrir chaque jour plusieurs dizaines de mails sympa. Vraiment un grand merci.

 

ENCOURAGEMENTS

Vos questions, vos impressions, vous souhaitez une photo dédicacée (laissez votre adresse postale) ou tout simplement écrire un message de soutien, vous pouvez écrire à Nico à cette adresse mail :
nico@nicolasouedec.com